ÉTHIOPIE 2011 : Tigré, Erta Ale, Dallol : un circuit de folie !
L’idée de voir un lac de lave me taraudait depuis fort longtemps, en fait depuis que ma mère, fascinée par la lave et les volcans, m’avait inconsciemment inculqué la même fascination.
Première tentative en 2005 à HAWAII : pas de lac de lave mais quand même quelques mini coulées que l’on pouvait approcher au point de pouvoir les toucher si la température dégagée ne rendait l’opération quasi impossible plus de 5 secondes (petit rappel, la lave en fusion à HAWAII est à une température de plus de 1 100 °C).
Les possibilités de visite en ÉTHIOPIE s’étant considérablement améliorées au fil des années, il était devenu possible au début des années 2010 de découvrir le cratère de lave du volcan Erta Ale. L’agence Aventures & Volcans à LYON, créée par Guy de Saint-Cyr, un fou des volcans, proposait quelques circuits.
Seule précaution: un certificat médical assurant que l’on pourrait supporter des températures élevées (35° les nuits et 40°/ 45° le jour) pendant deux semaines était exigé. De plus, pour la visite du volcan très particulier du Dallol des masques à gaz étaient obligatoires (l’agence en vendait si besoin).
Donc, la décision est prise d’aller en ÉTHIOPIE. Pour la date le choix est rapidement fait car compte tenu des températures là-bas il est hors de question de voyager entre avril et octobre. Notre choix s’est porté sur janvier.
L’ÉTHIOPIE est encore majoritairement chrétienne, le christianisme étant néanmoins régulièrement en recul et l’islam en augmentation. Le drapeau est constitué de trois bandes horizontales vert-jaune-rouge avec un cercle bleu au centre avec une étoile (symbolisant la diversité dans l’unité) et des rayons (symbolisant la prospérité) :
Circuit de 11 jours sur place après un vol de nuit de 7h30mn :
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Première partie du circuit : on longe le bord des hauts plateaux du Tigré jusqu’à MEKELE
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Dimanche 23 janvier :
À l’aéroport nous faisons connaissance avec les sept autres membres du groupe puis nous sommes pris en charge par trois Toyota Land Cruiser. Départ à 8h00.
Après trois heures de route arrêt pour manger. Nous découvrons les galettes d’injera élément national de la nourriture en ÉTHIOPIE. Ces galettes sont faites à partir de farine de teff et fermentent 2 ou 3 jours jusqu’à obtenir un goût légèrement acidulé. Ici elles sont accompagnées de viande, mais on verra en fin de voyage l’utilisation avec différentes sauces et mélanges végétaux.
Rapidement repartis, nous arrivons vers 15 heures au marché de SAMBATÉ.
Marché important avec de nombreux étals sous des structures à la fois sommaires (en branches) et pérennes (quelques murets en pierre) :
avec en contrebas le marché aux dromadaires :
Le soir hôtel à KOMBOLCHA.
Lundi 24 janvier :
Les visages des jeunes éthiopiennes attirent déjà les photographes du groupe :
Direction MEKELE. Long trajet sur les hauts plateaux du TIGRÉ.
Halte repas vers midi à ALAMATA. Les hommes de la région portent tous des bâtons comme si c’était un attribut masculin indispensable.
L’église chrétienne semble assez récente
et la rue principale est sillonnée de nombreux tuk-tuks
Repartis vers 14h pour quatre heures de route et arriver enfin à MEKELE après quelques arrêts photo tant les paysages sont grandioses et les populations spontanément prêtes
à venir voir les touristes. Les enfants bien sûr sont particulièrement curieux.
Arrivée à MEKELE vers 18h30. Ville d’environ 180 000 habitants en plein développement avec des grands immeubles en construction et leurs frêles échafaudages en bois qui côtoient de petites baraques en tôles. Nous sommes en 2011 et internet arrive bien sûr dans les villes d’ ÉTHIOPIE.
Mardi 25 janvier :
La journée va être consacrée à quitter les hauts plateaux pour descendre dans la plaine du DANAKIL.
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Premier arrêt auprès d’une moisson manuelle comme dans le temps
Après le passage des animaux qui détache les grains de la paille le tout est projeté en l’air.
Comme les grains retombent au sol plus vite que la paille en raison de leur poids plus élevé il est plus facile au sol de les ramasser et de les trier
Nous poursuivons jusqu’à WUKRO, région comportant pas mal d’églises rupestres, moins imposantes que celles de LALIBELA bien sûr mais fort intéressantes quand même.
Nous sommes accueillis par des enfants qui ont confectionné des jouets en fil de fer
Puis nous visitons l’église de WUKRO, creusée dans la roche mais complétée par le dessus par une construction que l’on peut qualifier de classique :
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L’intérieur présente un mélange de structures en pierre et en briques. La décoration est très hétéroclite
et les quelques peintures qui restent sont très dégradées :
Le religieux responsable de l’église nous laisse visiter sans difficultés
En repartant nous voyons ce camion avec son chargement très peu habituel pour un œil européen
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Puis nous partons vers ATSBI, au travers de très grands paysages :
En chemin nous nous arrêtons visiter une petite ferme
L’intérieur des cases est extrêmement rudimentaire :
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Dans la cour intérieure c’était le traitement des céréales
et la fabrication de la farine
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Les générations s’y côtoient
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La femme : impossible d’estimer son âge et probablement est-elle bientôt atteinte de cécité
Aux alentours, toujours des enfants et des adolescentes
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En arrivant à ATSBI nous garons les voitures sous un arbre et grimpons sur la montagne car l’église Mikael Imba que nous allons visiter est creusée en haut du flanc rocheux.
Une fois la grimpette terminée nous découvrons la très intéressante façade de l’église
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À l’intérieur c’est plutôt un capharnaüm :
même la bibliothèque est plutôt négligée, avec des livres en vrac sur deux tables poussiéreuses :
À l’extérieur le religieux attend tranquillement que le groupe ait terminé sa visite à l’intérieur
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Puis, avec un deuxième religieux de l’église, il présente au groupe quelque chose qui pourrait les intéresser. Tout le monde est là et les appareils photos crépitent :
De quoi s’agit-t’il ? D’un livre bien sûr :
Livre plein d’icônes et de textes écrits en amharique :
Redescendus près des voitures les jeunes filles et les enfants viennent, intéressées par nos accoutrements de touristes. Nous sommes leurs exotiques.
L’une d’elles aux yeux miroirs voyant ma femme chercher à faire des photos s’est tranquillement adossée à un arbre pour prendre la pose :
Et quand je parle de miroirs pour ses yeux ce n’est pas une simple formule
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Repartis vers BERHALE nous pouvons voir des Éthiopiens dans la campagne, dont ce jeune garçon gardien de troupeau . . . avec déjà son bâton de grand :
En nous rapprochant de BEHRALE nous croisons notre première caravane de sel, avec dromadaires et leurs chameliers (car à part en TUNISIE où l’on appelle les conducteurs de dromadaires des arabatiers, ailleurs on les appelle chameliers) :
Deux chameliers acceptent d’être photographiés
et viennent voir à quoi ils ressemblent sur la photo
Nous arrivons à BERHALE vers 18h30, on plante les tentes à proximité du village.
Vers 20h les cuisiniers s'affairent à la préparation du repas.
Notons à cette occasion que si les repas ont régulièrement diminué en variété au fil des deux semaines, ce que nous ont proposé les cuisiniers était tout à fait correct en fonction de la situation et de la température.
Mercredi 26 janvier :
Au matin nous pouvons mieux voir l’endroit du campement car la veille il faisait déjà sombre à notre installation.
Nous sommes au bord d’un oued à sec et allons visiter le village proche
Notre guide-accompagnateur nous a fortement déconseillé de photographier les gens à BERHALE. Nous restons donc prudents. Juste quelques photos de loin pour notre souvenir visuel simplement : ici l’entrée du village,
et là la corvée de l’eau à prendre au puits pour les femmes :
La balade dans le village a néanmoins été très agréable, population sympathique, et beaucoup de stylos à bille donnés aux enfants de l'école.
Vers 10h départ pour AMED ILA qui sera le point de départ pour le lac ASALE et l’extraction du sel puis vers l’étonnant volcan DALLOL.
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Sur le trajet nous nous arrêtons visiter un campement Afar de plusieurs huttes, certaines sont simplement en branchages, d’autre sont recouvertes de toiles diverses. Je ne sais plus quelle est la différence d’usage entre ces deux types de huttes, à part que celles avec simples branchages sont plus aérées.
La cuisine au feu de bois est faite dans les deux types de huttes :
Je ne sais plus non plus à quoi servent ces tronc creux accrochés aux huttes (je crois qu’il s’agit d’un garde manger pour préserver les graines des rongeurs mais je n’en suis pas sûr).
Les habitants (évidemment payés d’avance par l’accompagnateur) se laissent photographier avec calme et simplicité.
La route se poursuit vers AMED ILA. La zone est extrêmement aride et plate. Difficile pour les dames de satisfaire un besoin naturel en toute tranquillité.
Après une petite marche dans un oued histoire de voir si tous les membres du groupe progressent sans difficulté dans ces terrains pierreux très difficiles les voitures repartent et nous arrivons à AMED ILA. C’est une bourgade particulièrement rustique dont la quasi totalité des bâtiments sont de même nature de construction que les huttes Afars.
À parler franchement c’est un peu la désolation.
Des lits sont à disposition dehors. On hésite à dormir dehors ou dedans les cases.
Tiens, le camion que nous avons vu hier matin à WUKRO avec son chargement hétéroclite !
Après un bref repas nous partons au lac ASALE (appelé aussi lac KAROUM) pour voir l’extraction du sel par les ′′forçats du sel′′ (c’est souvent ainsi qu’on les surnomme) et les caravanes de sel. Pour information, le lac ASALE est à – 150 mètres EN-DESSOUS du niveau de la mer.
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Arrivés près de l'endroit où une activité humaine importante est visible, après avoir marché allègrement dans l'eau salée dans laquelle on se dit qu'il ne faut juste pas trébucher, nous voyons plusieurs Afars faire de bigres efforts au bout de leurs perches en bois.
Que font-t'ils?:
Ils extraient une plaque de sel hors de l’eau
Ces plaques sont alors dans un premier temps découpées en carrés d’environ 70 cm de côté :
Puis avec cet étrange mais caractéristique hache ces plaques vont être découpées en plaques plus petites d’environ 40 x 30 cm
pour pouvoir être empilées sur le dos des dromadaires
L’empilement des blocs sur le dromadaire (ou sur un âne) est astucieusement codifié ainsi que le système de cordages associé
Résultat, le dromadaire est chargé ′′comme une mule′′ si j’ose dire
Pour les pauvres dromadaires l’ambiance n’est pas à la fête
Puis c’est le départ des caravanes qui iront jusqu’aux hauts plateaux du Tigré
Depuis 2011 la situation a évolué : en 2017 déjà une société éthiopienne a construit à quelques kilomètres de là une installation où l'eau du lac est pompée et versée dans des bassins d'évaporation. De l'aveu des mineurs eux-mêmes, le sel ainsi récolté est de meilleure qualité que celui de leurs briques, mais il coûte plus cher à produire.
Mais de tous les changements venus perturber le commerce du sel dans les environs, la construction de routes bitumées est sans doute le plus significatif. À présent, les dromadaires s'arrêtent à BERHALE, devenu le principal centre de négoce du sel dans la région et relié à MEKELE par la route. Le trajet prend désormais trois jours, un gain de temps que certains caravaniers apprécient.
Chaque jour, ce sont 5.000 briques de sel qui arrivent au comptoir de BERHALE, installé sur le lit d'une rivière asséchée. La cargaison achetée est alors chargée dans des camions, dont certains partent même jusqu'au KENYA.
Le lac ASALE est en grande partie asséché et présente un sol craquelé
sur lequel les 4x4 roulent sans difficulté en laissant derrière eux les traces de leur passage
Jeudi 27 janvier :
Après une nuit dans des conditions très rudimentaires à AMED ILA nous partons ce matin pour notre première visite de l’étonnant volcan DALLOL.
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Après environ une heure de route nous nous garons à côté d’un paysage finalement assez peu chahuté. Les eaux colorées du DALLOL se trouvent, nous dit-on, à moins de 10 minutes un peu derrière cette petite colline à pente légère.
Nous marchons sur un sol curieux, tout craquelé
sol duquel émerge une série de corolles en pierre (ou en sel ?) qui ont la forme de pétales géants :
Puis arrivés en haut de la pente nous découvrons un sol de couleurs vives de rouge, de jaune et de vert qui nous laissent présager un spectacle magnifique et surprenant.
Ce sera le cas !
L’ensemble du cratère de ce volcan plat n’est pas clairement appréhendable par l’œil car constitué de plusieurs étangs coloré fluos et de zones solides elles aussi de couleurs inhabituelles.
Le premier étang que nous voyons est vert avec des concrétions jaunes et ocres.
Sur le monticule en face, un soldat armé car la tension entre l’ÉRYTRÉE toute proche et l’ÉTHIOPIE est très forte. Les militaires accompagnent donc ici les touristes pour les protéger de toute attaque érythréenne (simple force de dissuasion je pense).
La promenade autour de l’étang vert offre des points de vue variés, tous magnifiques :
De ci de là des trous plus sombres.
Notre guide-accompagnateur nous a bien expliqué les consignes : NE PAS TOUCHER LE LIQUIDE DE L’ÉTANG CAR CE N’EST PAS DE L’EAU C’EST DE L’ACIDE,
et ceci, quelle que soit la couleur du liquide !
Donc on ne cherche même pas à poser la semelle de chaussure sur un endroit humide et bien évidemment on n’y trempe pas les doigts.
La vision de certains endroits est absolument féérique :
Bravant les consignes un accompagnateur d’un d’autre groupe survole l’acide d’ilôt en ilôt pour se faire photographier dans ce décor étonnant :
Dans un autre secteur le sol est moins risqué et les grandes flaques proposent aussi la couleur bleue
Quelques endroits présentent de petites concrétions fragiles issues de crachotements venus du sous-sol
Plus loin le volcan nous offre un paysage de quatre couleurs : le vert, le jaune, le marron et le bleu :
Ici la circulation doit se faire avec prudence sur une file
Un secteur de concrétions colorées nous propose des couleurs et des formes très différentes. Comme celles-ci très fragiles et fines :
Et là elle crache régulièrement un liquide qu’on n’ose évidemment pas toucher :
Un peu plus loin c’est presque un petit parterre de fleurs solides colorées en jaune, marron et orange que l’on évite soigneusement d’écraser en marchant
Transportons-nous plus loin et voilà une nouvelle ambiance colorée qui s’annonce
En effet le vert et le bleu sont majoritaires et le jaune minoritaire
Dans cette zone la surface du liquide frémit clairement
et juste à côté les bouillonnements sont très visibles et permanents
Un peu plus loin, nouveau changement de décor : des nénuphars jaunes occupent une partie d’une surface liquide verte
Un accompagnateur a pris, à mon avis, pas mal de risques pour aller se poser à cet endroit au milieu de l’étendue acide. Un simple faux pas et une glissade dans le liquide acide aurait été lourde de conséquences :
Ici c’est un peu le résumé de cette partie du volcan.
Pour terminer cette première partie des étangs colorés du DALLOL, cette photo d’un accompagnateur en équilibre sur un cordon au raz de l’acide, lui-même cherchant un angle original de prise de vue pour une photo dont on imagine bien qu’elle sera unique :
Il est 13 heures. Retour aux voitures et arrêt autour du pied du volcan près d’une zone avec quelques reliefs d’apparence rocheux pour un repas pique-nique puis repos (car il fait vraiment très chaud).
Pour certains la vision du soldat armé rassure, pour d’autres elle inquiète. Les strates de couleur alternativement blanches puis brunes sont intrigantes
Une observation visuelle très proche de ces rochers permet de découvrir que ce sont des rochers de sel, avec des concrétions très pointues et tranchantes comme des rasoirs
Certains blocs menacent de tomber :
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Après le repas et un repos nécessaire nous repartons vers 16 heures découvrir l’environnement immédiat du pied du DALLOL et découvrir quelques endroits uniques très étranges.
Commençons par cette coulée d’une bouillie blanche formant une petite rivière solidifiée :
Notre guide-accompagnateur nous a dit que lorsqu ‘elle était encore liquide il avait eu la malchance de poser le pied dedans : bilan graves brûlures au pied.
Un peu plus loin (on voit au fond à droite le début de la pente menant aux étangs colorés de ce matin) cette petite étendue liquide bleutée : on dirait de l’eau.
Que nenni ! En effet, en s’approchant on constate que l’écume blanche sur les bords à l’air d’avoir une drôle de consistance :
Près du bord, ce pauvre canard a dû croire aussi que c’était de l’eau.
Notre accompagnateur a mis avec grande précaution du liquide dans une bouteille, puis a versé le contenu de la bouteille sur un rocher. Le résultat est immédiat et terrifiant : le liquide se fige instantanément en une espèce de paraffine blanche.
Toujours sous un soleil de plomb et une température extrême (et bien entendu sans un coin d’ombre) le sol désertique et plat est fissuré de partout. Rien de spectaculaire à proprement parler mais comme une espèce d’angoisse sourde car de la chaleur émane de ces nombreuses fissures ce qui veut dire que le magma n’est sans doute pas très loin.
En nous éloignant un peu du pied du volcan nous retrouvons la zone du lac ASALE (lac KAROUM), tantôt desséchée
tantôt humide, avec ses dessins bien caractéristiques de tous les déserts de sel
mais aussi sous 5 à 10 centimètres d’eau. Pour prendre cette photo je suis monté sur un ilôt a priori rocheux
mais un examen plus attentif m’a permis de constater qu’il s’agit là aussi d’un ilôt constitué majoritairement de sel, avec ses morceaux pointus et extrêmement coupants
Retour vers AMED ILA au travers le lac.
L’impression d’être sur une autre planète se poursuit jusqu’au soleil couchant
Vendredi 28 janvier :
Aujourd’hui, retour au DALLOL pour explorer un autre secteur du volcan. Arrivée sur le site vers 9h30.
Cette fois-ci, plutôt que d’y accéder via une pente douce comme celle d’hier matin nous passons par les reliefs ′′rocheux′′ qui sont eux aussi des reliefs très majoritairement composés de sel. Un accompagnateur pose en équilibre avec sa kalachnikov à l’épaule : cela ajoute du bizarre au paysage pourtant déjà bizarre car tellement lunaire.
Le groupe avance doucement en marchant sur un sol très chaotique. Il fait déjà très chaud et le paysage n’est pas propice à offrir un peu de fraîcheur
L'environnement immédiat ne donne pas envie de chahuter quand on voit ces piques de sel acérées
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Il fait de plus en plus chaud. Ma femme a déjà bu l’eau par précaution . . . mais bien trop. Du coup, elle commence à vaciller et à ne pas se sentir bien. Nous décidons que l’un des militaires qui nous accompagne l’aide à redescendre aux voitures. Ainsi rassuré je reste avec le groupe pour continuer la visite du volcan.
Nous atteignons la partie haute du volcan. Nous passons au travers d’un site d’extraction de potasse abandonné depuis 1943. Cette petite zone est désolante.
Mais au loin on aperçoit les étranges couleurs jaunes et vertes. Nous y allons. Un autre groupe de touristes est déjà sur place.
Et à partir de là c’est à nouveau la féérie des couleurs et des bizarreries de la nature :
Jaune, vert, marron, sec ou avec des étendues liquides plus ou moins importantes
Des endroits où cela crache des saccades de liquide plus ou moins dangereux
Notre guide-accompagnateur Seifegebriel Shifferaw que nous appelons Gabriel (qui parle un excellent français sans jamais être venu en FRANCE et qui a une parfaite connaissance de l’ÉTHIOPIE qu’il nous explique avec pédagogie) est tranquillement ici nu pied dans de simples sandales.
Le magnifique est partout, avec des changements d’ambiances colorées, de nature de sol et de concrétions très variées plus ou moins fragiles. Jugez un peu :
Un sol complètement improbable, tant par les tailles, les formes et les couleurs de ce qu’on voit à côté de nos chaussures (car on fait attention de ne pas abimer le site en marchant n’importe où)
et dès qu’on relève la tête on redécouvre un paysage extraordinaire
Le regard à nouveau par terre : coquille d’œuf ? meringue ? vesse de loup ? ou bien île flottante ?
On-relève la tête et hop ! Le bleu s'invite dans la palette et les étendues liquides se chamaillent avec les zones en dur de couleurs blanche et rouille:
Rebaissons les yeux et admirons ces lames de cristaux de sel qui semblent vouloir attaquer les pétales marrons à proximité
L’accompagnateur d’un autre groupe, lui aussi avec la kalachnikov et les sandales se promène dans la zone
On en a plein les yeux quel que soit le côté où l’on se tourne
Dans cette zone néanmoins le port du masque à gaz est conseillé
À nouveau présence de ces étranges vesses de loup grosses comme des balles de tennis
Non loin de là une stalagmite en formation crachote en permanence
Un peu à l’écart, vision incroyable de ces monticules colorés fluos. Et pourtant aucun peintre fou n’est venu projeter ses illuminations artistiques :
Qu’est-ce qui a coulé dans ce lit de ruisseau pour laisser de telles couleurs ?
Après cette dernière vision d’enchantement je pars le plus rapidement possible retrouver ma femme aux voitures. Je la trouve endormie sur la banquette arrière du 4x4. Elle va déjà beaucoup mieux. Le militaire est très fier de l’avoir accompagnée et d’avoir surveillé son sommeil réparateur.
Quand le groupe est redescendu il est 12h30 et il fait très chaud. Nous allons à l’un des rares endroits où l’on peut trouver un peu d’ombre. Repas et repos pour tout le monde.
Ma femme a bu un mélange de sels divers que l’on donne, nous dit Gabriel, aux enfants en bas âge lorsqu'il fait très très chaud. Ce remède simple s’avère très efficace.
Nous repartons vers 15h30 pour finir de découvrir quelques originalités que nous a concoctées le DALLOL .
Tout d’abord un petit plan d’eau rouge et bleu pâle qui bouillonne en jaune
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Pas très loin, dans un secteur aride et archi sec, on n’imagine pas qu’il puisse y avoir ici ou là de petites sources de liquide qui ressemble à de l’eau boueuse
En se penchant (prudemment) on découvre de curieuses petites stalactites, comme des fleurs la tête en bas
Poursuivant notre recherche dans ce désert plat et aride nous tombons sur les mêmes coroles en pierre en forme de pétale que nous avions vues hier matin en montant au DALLOL, et par ci par là des trous qui laissent voir une espèce de magma blanc bouillonnant à 25 centimètres sous nos pieds. C'est quoi ce truc ? Ça inquiète quand même un peu.
Il est 17 heures. Retour à AMED ILA après cette deuxième extraordinaire journée. Vers 18 heures nous apprécions vraiment la douche dans les belles cabines en toile. Et une douche = un jerrycan jaune.
Samedi 29 janvier :
Aujourd’hui, très longue journée de pistes pour rejoindre le volcan ERTA ALE .
Les jours précédents nous nous levions à 06h30. Aujourd’hui c’est à 05h30 pour un départ à 08h15. Il fait vraiment très chaud.
Le paysage est typique de la dépression du DANAKIL.
Et bien évidemment, quel que soit l’endroit où l’on s’arrête dans le désert, il y a très rapidement des gens sortis de nulle part qui viennent voir.
La piste est très poussiéreuse :
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La région devient moins pierreuse et plus sableuse, avec un petit peu de végétation qui survit péniblement. C’est ainsi moins difficile aux femmes de trouver un endroit pour un besoin naturel.
Un peu avant midi nous nous arrêtons dans un village Afar.
Le chef est un habitué des 4x4 de touristes qui passent par chez lui pour aller à l’ERTA ALE. J’ai cru comprendre qu’il exigeait des droits de passage et acceptait aussi des dons sous forme d’habits pour tous.
Discussion avec le chef (via Gabriel) : il a beaucoup ri quand je lui ai dit avoir deux enfants. ′′Seulement ?′′ a-t’il demandé. ′′Est-ce que tu as une maladie qui t’empêche d’en avoir plus ?′′ Bref ! Il a accepté la pose photo avec nous :
Après un arrêt repas suivi d’un repos nous repartons vers 14 heures. La piste est très éprouvante.
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Peu de temps avant d’atteindre le camp de base pour l’ERTA ALE la piste et les terres alentour deviennent noires. C’est le basalte et la lave du volcan.
Nous arrivons vers 17h15 dans le petit village qui sert de camp de base pour préparer l’ascension du volcan. On y reste uniquement pour récupérer de l’éprouvante journée de pistes et pour manger. Le départ est prévu la nuit car il ferait bien trop chaud tant que le soleil n’est pas couché. L’ERTA ALE est là bas (la flèche blanche) à 3h30 de marche.
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Les terres aux alentours sont assez hostiles et n’inciteraient pas à la promenade même si la chaleur n’était pas aussi intense.
Vers 18h le soleil disparaît derrière la ligne d’horizon.
Repas sommaire du groupe puis à 20 heures c’est le grand départ, à pied, pour l’ERTA ALE , avec nos lampes frontales et des bâtons de marche pour certains et des sacs à dos avec le minimum d’affaires (deux nuits sont prévues là-haut) mais surtout des bouteilles d’eau !
Il est décidé que ma femme étant la plus âgée du groupe marchera juste derrière le guide Afar (sous-entendu : tout le monde devrait normalement suivre son rythme).
L’avenir confirmera que l’âge n’est pas le meilleur critère pour juger de la capacité à bien marcher.
La montée se fait à une allure régulière sur un sol pierreux noir. Quelques haltes pour boire. Durée de la montée : 3 heures et demie. Nous arrivons donc sur le bord de la grande caldera à 23h30.
Pour déposer les matelas au bons endroits les accompagnateurs font choisir où nous souhaitons passer les deux nuits : soit ici dans les quelques huttes au bord de la caldera, soit dans des petites alvéoles sommairement construites, à ciel ouvert dans la caldera. Nous choisissons la deuxième solution.
En attendant que les matelas soient déposés aux bons endroits avec les sacs à dos, le groupe se dirige pour découvrir de nuit le lac de lave dont on voit le rougeoiement au dessus du pit-cratère, car il est hors de question de se coucher et d’attendre demain pour voir le lac.
C’est le grand moment d’émotion : il est 23h55 ce samedi 29 janvier 2022 et nous découvrons le lac de lave de l’ERTA ALE :
D’abord très prudemment, car il fait très noir là où nous sommes, et le lac est en contrebas à environ 30-40 mètres
Bien entendu, la photo-souvenir de ce grand moment est absolument indispensable :
Nicole a préféré, pour ce premier contact avec le cratère et la lave, garder le masque à gaz :
Puis avec une prudence infinie chacun s’approche du bord au plus près malgré la chaleur intense et essaye de regarder avec la plus grande attention possible pour bien inscrire ce spectacle dans sa mémoire. Et pour aider la mémoire, bien sûr on tente quelques photos.
FABULEUX SPECTACLE !
Zébrures rouges et or, fontaines jaillissantes :
Nappages de lave incandescente :
Allez ! Il est bientôt une heure du matin, nous allons nous coucher dans la caldera, à une centaine de mètres d’ici.
Dimanche 30 janvier :
Vers 5 heures du matin, court réveil. Je vois le rougeoiement du pit-cratère dans la nuit. Je prends quelques photos et je me rendors.
Au matin nous sortons de notre bivouac à ciel ouvert où nous avons passé une excellente nuit malgré la simplicité de la literie
Nous remontons sur le haut de la caldera, vers les huttes, pour petit-déjeuner
Puis nous allons traverser le lac de lave solidifié qui forme le fond de la caldera pour aller vers un excellent point de vue général.
Dans le panoramique ci-dessous le trajet part du lieu du petit-déjeuner (indiqué par la flèche blanche) pour arriver à l’endroit d’où est prise la photo. On peut voir que l’on va crapahuter dans de la lave et ce n’est pas si facile que ça.
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sol est complètement inégal, avec des flaques et des cordons de lave
Le sol est vraiment très chahuté
La lave est à la fois coupante et fragile. Ici par exemple elle a cédé sous mon pied juste en marchant dessus, et comme c’est creux ma jambe est descendue de 30 cm : attention aux éraflures ou aux blessures au tibia.
Encore pas mal de chemin à parcourir comme des hannetons pour arriver sur la crête de la caldera
Et enfin nous voici pouvant admirer le panorama de la caldera et du pit-cratère sud dans lequel le lac de lave est visible
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À noter que le volcan change tout le temps en raison des changements de niveau incessants du lac de lave. Les coulées de lave noire que l’on voit sont celles dues à l’augmentation du niveau du lac qui a débordé en novembre 2010. Mais il s’était formé un
cône qui s’est effondré en grande partie début janvier 2011. Malheureusement pour quelques touristes venus à Noël 2010 le cône était toujours complet et le lac de lave n’était pas visible. Pour preuve cette photo prise par Tanguy de Villegas le 25 décembre 2010, à peu près du même endroit :
Aujourd’hui 30 janvier 2011 le cône est en grande partie effondré
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Quand on s’approche du bord du cratère, du fait que le lac de lave est plus grand que l’ouverture du cratère parce que la lave sape le cratère par dessous (phénomène des falaises d’Étretat) on voit clairement qu’une grande fissure existe et qu’un nouveau morceau du cône va prochainement s’effondrer
Repassant près du pit-cratère sud pour aller vers le pit-cratère nord nous voyons à nouveau le lac de lave très actif avec pas mal de fumées
Dans la zone entre les deux cratères nous découvrons des tunnels de lave dans lesquels on peut entrer
Et nous traversons un secteur rempli de fils de lave. Il s’agit des ′′cheveux de la déesse Pelé′′. Ils peuvent se former avec les laves très fluides (comme celles d’Hawaii – d’où le nom puisque Pelé est le nom hawaiien de la déesse du feu et des volcans) : c’est le vent qui file de petites gouttes de lave au point d’en faire des fils très fins.
Ces fils sont quasiment aussi fins que des cheveux
Nous arrivons au pit-cratère nord qui est effondré sur lui-même mais on ne peut pas voir la lave. En revanche les dégagements de-vapeur prouvent qu'elle est toute proche.
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Du haut du bord de la caldera nous pouvons voir le paysage environnant, pas spécialement accueillant. Le petit village où sont les 4x4 est quelque part là-dedans
Nous approchons de la fin d’après-midi. Nous décidons de retourner une nouvelle fois le lac de lave du pit-cratère sud. C’est toujours aussi fascinant !
Ces zébrures or se détachant sur cette peau de lave noire sombre, accompagnées de temps en temps de petites fontaines de lave. C'est féérique
On voit très bien le travail de sape de la lave qui s’enfonce sous la paroi du cône
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Certaines zébrures forment des motifs que n’auraient pas désavoués quelques peintres abstraits renommés
Nous nous faisons prendre en photo juste devant le trou du cratère. Nos visages crispés s’expliquent par le fait que le photographe a mis au moins quatre secondes pour cadrer et déclencher . . . et la température est tellement intense si près du bord que nous sommes passés très vite du léger sourire à la grimace.
Lundi 31 janvier
Après une nouvelle bonne nuit dans notre ′′chambre′′ à ciel ouvert dans la caldera, il est l’heure de se lever. Déjà des touristes sont auprès du cratère
Avant de repartir, nous retournons une dernière fois au cratère pour admirer le lac de lave et son activité permanente. Nous ne sommes pas déçus :
Le dernier coup d'œil est magnifique et l'ERTA-ALE nous fait un cou-cou d'au revoir avec force fontaines et mouvements de lave
Je rappelais plus haut que le niveau de la lave variait énormément, à la baisse comme à la hausse. En 2017 le niveau a tellement monté que les deux pit-cratères ont été noyés et que l’ensemble de la caldera s’est remplie de lave, avec deux hornitos crachant le feu (futurs pit-cratères en formation). Quelques touristes ont eu le privilège d’assister à cela, dont Pierre Leflon à qui j’ai emprunté (sur internet) les trois photos suivantes :
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Nous commençons notre descente à 8h30 du matin. La température est encore soutenable. La descente sera seulement de 2 heures et 10 minutes (à comparer aux 3 heures et 30 minutes pour l’ascension).
Petite halte détente pour ceux qui dans le groupe (je n’en fais pas partie) ont eu envie de s’essayer à la kalachnikov (1 € la cartouche) avec les accompagnateurs.
Une fois tout le groupe arrivé aux voitures, et les bagages installés, il est 11h30 et nous partons pour AFDERA
Le paysage n’est plus exclusivement de la lave noire même s’il y en a encore :
Quelques tumulus. Je ne me souviens plus si notre guide nous a donné l’explication de ces constructions : tombes collectives ?
À 13 heures, arrivée dans un village Afar. Déjeuner dans la case du chef du village. Plat traditionnel éthiopien dont malheureusement je ne connais plus le nom :
À 14 heures nous repartons en direction d’AFDERA.
Le désert est maintenant pierreux et sableux. Nous y croisons fort curieusement quelques autruches !
Un peu plus loin, arrêt détente quelques instants.
Mais qu’y-a-t’il donc de si intéressant à chercher par terre ?
Réponse : des coquillages ! Étonnant non, dans ce désert ?
Explication possible : l’évolution des plaques tectoniques africaine et arabique depuis des centaines de millions d’années est fort complexe. Leurs déplacements sont à la fois horizontaux et en altitude à l’occasion du phénomène de subduction. Au cours de ces changements la zone du DANAKIL a due être recouverte par l’océan (d’où la présence de coquillages) puis être remontée en altitude avant de s’effondrer (d’où son altitude négative) mais protégée de l’océan par des bords non effondrés (d’où des lacs endoréiques comme le lac KAROUM). Cette explication est ma manière de dire que je n’ai pas vraiment compris le phénomène.
Nous arrivons à AFDERA vers 16h30.
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Le groupe s’arrête en ville (si l’on peut appeler cet endroit une ville) dans un bar pour se désaltérer. Ambiance très particulière de bar du bout du monde avec des serveuses qui manifestement proposent aussi d’autres prestations . . .
Nous sommes globalement mal à l’aise mais la soif l’emporte et nous restons pour boire nos consommations.
Nous campons au bord du lac AFDERA qui est un lac salé (très salé). Heureusement une petite source d’eau douce existe à proximité du campement. Nous pouvons nous y laver car la journée a été assez difficile.
Le coucher de soleil crée ici une ambiance orangée propice à la détente de l’esprit.
Mardi 1er février
Contrairement à celui du lac Karoum (Asale), où l'extraction se fait manuellement, le sel d'AFDERA est obtenu par évaporation. L'eau est pompée, puis acheminée vers des bassins où elle est laissée six mois environ. Lorsqu'elle a entièrement disparu, le sel décanté est ramassé, mis en sacs, puis chargé sur des camions.
Aujourd’hui longue journée de 4x4 prévue pour atteindre le parc d’AWASH.
Je viens d’essayer de me promener un peu dans la rue principale d’AFDERA pour faire quelques photos, mais l’ambiance particulière de la bourgade m’a incité à la prudence et j’ai eu peur de sortir mon appareil photo.
C’est pourquoi en repartant, j’ose prendre quelques rares photos par la vitre de la voiture.
La misère urbaine saute aux yeux.
La route est longue mais goudronnée car les chinois ont construit une route jusqu’à AFDERA. C’est la route que nous prenons pour notre déplacement pour aller au parc AWASH.
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Le paysage est toujours aussi inhospitalier, mais nous croisons ici ou là quelques animaux. Ici des dromadaires :
Là des babouins :
Il faut toujours se méfier du babouin car c’est un animal très dangereux et facilement agressif. Les mâles n’inspirent d’ailleurs pas une grande sympathie :
Vers 11h30 nous arrivons à LOGIA, une bourgade bien typique du secteur, avec sa rue principale bordée d’innombrables commerces
Nous déjeunons dans un restaurant très sommaire mais bien tenu
À la table des chauffeurs et des cuisiniers, repas traditionnel avec injera
Puis, petite promenade pour se dégourdir un peu les jambes car la route est encore longue pour AWASH.
De l’autre côté de la rue principale nous apercevons une église apparemment neuve. Nous allons la voir de plus près :
Effectivement, elle est encore en construction et n’est pas terminée, loin de là, avec des échafaudages en bois à l’intérieur :
Les constructions entre la rue principale et l'église ne sont pas très différentes des habitations afars
Incrustée dans le mur d’une petite construction en dur près de l’église, cette plaque : en souvenir d’un décès sans doute ?
Nous quittons LOGIA vers 13h45 pour cinq heures de route.
En chemin, passage dans différentes bourgades près desquelles les huttes afars font partie des habitations à côté de constructions en dur
Certaines sont un peu à l’écart (huttes nomades?)
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Nous arrivons enfin à AWASH à 18h45.
Pour la dernière nuit en ÉTHIOPIE nous sommes logés dans ce qui est pompeusement appelé l’ AWASH LODGE. Le fait est que nous le trouvons très luxueux après 10 jours éprouvants sous la tente ou dans des hôtels plus que rudimentaires.
En regardant les photos avec quelques années de recul, je pense que nous devions être sacrément fatigués pour trouver ça luxueux :
Mercredi 2 février :
La matinée est consacrée à la visite du Parc National AWASH.
Le panneau à l’entrée du parc nous incite à penser que nous pourrons y observer des oryx. Promesse tenue nous en apercevons rapidement trois, un peu loin cependant :
Plus tard nous pouvons en voir passer un pas trop loin :
Malheureusement nous n’avons vu que très peu d’animaux ce matin.
Quelques oiseaux ′′pris au vol′′ par la fenêtre de la voiture :
ous nous promenons enfin près des chutes de l’AWASH.
Elles ne sont pas très grandes, et on peut même dire qu’elles sont petites, mais après 10 jours sans eau (autre que l’eau salée des lacs) voir une eau fraiche qui coule en quantité et en continu ça fait un bien fou !
Vers 11h30, départ pour ADDIS ABEBA. Pour cela nous empruntons la grande route à gros trafic qui relie DJIBOUTI à ADDIS ABEBA.
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C’est l’axe principal des importations de l’ÉTHIOPIE. Le trafic de camions y est très important. Les chauffeurs aiment bien doubler sans visibilité. On a vraiment frôlé le drame au moins une fois.
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Halte prolongée à ADAMA pour le repas de 13h30 à 15h30.
Nous arrivons à ADDIS ABEBA à 17h00.
Visite immédiate du Musée National d’ÉTHIOPIE
Musée dans lequel le clou de la visite est bien entendu le squelette reconstitué de . . . LUCY (pensée à Yves COPPENS qui nous aura quittés le 22 juin 2022).
Le panneau est plus facile à photographier que LUCY elle-même, et plus parlant aussi parce que les ossements retrouvés de LUCY sont ceux dessinés en rouge (donc finalement très peu nombreux) :
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Entre 18h00 et 19h00 Gabriel nous a donné la possibilité de nous doucher dans un hôtel parce que le vol de retour en FRANCE est prévu ce soir et que la journée a déjà été longue et fatigante.
Puis repas du groupe-dans un restaurant chic d'ADDIS ABEBA
Spectacle de danse pendant le repas.
Le plat principal, est bien sûr l’injera accompagné de plein de sauces aux légumes ou à la viande
Ça y est, c’est le moment de partir. Nous arrivons à 21h30 à l’aéroport minuit.
Après ces onze jours notre santé a été fragilisée mais nous revenons absolument enchantés par ce superbe voyage.
enviedevoyagehttps://enviedevoyage.overblog.fr
ÉMOTIONS ET SENSATIONS
Addis Abeba :
À priori pas grand chose à voir. Un coup d'œil tout de même au musée national pour rencontrer notre cousine Lucy (ou du moins une reproduction).
Les hauts plateaux du Tigré :
Entre 2 000 et 2 800 Mètres d'altitude : c'est beau, c'est dépaysant (villages, marchés très rustiques, femmes et ânes à la corvée d'eau, hommes arrivant à ne strictement rien faire sinon marcher aidé de leur bâton sur les épaules. Il n'y fait pas chaud. Les maisons sont en ossature bois et torchis.
Les églises rupestres (Wukro et Atsbi) :
Elles datent du 13ème siècle (antérieures à celles de Lalibela). On ne peut pas dire qu'elles sont belles, mais la visite avec explications sur leur mode de construction et l'histoire de la religion orthodoxe des éthiopiens est des plus intéressantes. Cela sort vraiment de l'ordinaire.
Les fermes de la région cultivent et exploitent les céréales comme au moyen âge : étrange impression de malaise quand on s'arrête, sortant de nos gros 4x4 Toyota Land Cruiser, bardés d'appareils photos que l'on va braquer sous le nez des gens qui travaillent au battage du grain. On se sent voyeurs, voire indécents, mais quand même attirés par ce spectacle de plusieurs siècles en arrière qu'on ne pensait pas pouvoir voir un jour.
Le lac Asale/Karoum - caravanes et forçats du sel :
Alors là on entre en plein dans l'histoire immuable et multiséculaire des caravanes de sel (dromadaires et ânes) transportant les plaques de sel vers les montagnes du Tigré. On est comme dans un film : on est hors du temps ou plutôt on a remonté le temps : extraction du sel à plusieurs avec des bâtons (ou plutôt des branches), puis taille des plaquettes de sel en plein soleil, pataugeant dans un bain de saumure (ou dans la poussière de sel selon les jours). On ne se rend pas bien compte de la situation car les éthiopiens, eux, vivent cela naturellement (en tout cas ils ne montrent pas ce qu'ils en pensent, de nous voir circuler parmi eux, sur leur lieu de travail, à photographier sans arrêt leurs dromadaires et eux qui travaillent !).
Tout autour, sur le trajet entre Amed Ila et le site d'extraction du sel, le lac salé (en eau ou pas) immensément plat et blanc ou couleur sable, plus ou moins cristallisé, procure des émotions (comme tous les lacs salés visitables par les touristes de par le monde). Que la planète est belle et variée si l'on arrive à s'abstraire de la misère des populations !
Le Dallol :
Est-on encore sur la Terre ? C'est complètement irréel. Des lacs d'acide bleus, jaunes, verts, rouges, orangés. Des concrétions marron, blanches, jaunes, rouges. des bouillonnements partout, des mini geysers. Et toutes ces couleurs ne sont pas simplement des couleurs : elles sont "fluos". On se ballade là dedans (en respectant les consignes du guide néanmoins) ne sachant plus où donner de l'oeil et de l'appareil photo. J'ai coutume de dire qu'en INDE même un aveugle peut faire de belles photos : j'y rajoute le DALOLL. Alors en plus si on fait attention à ce qu'on photographie, je ne vous raconte pas le résultat. Macro, zoom télé, grand angle : autant de façon complémentaires de voir ce site. La meilleure façon restant toutefois l'oeil sans l'appareil photo. Un endroit unique, magique, improbable, inhumain mais absolument magnifique par ces couleurs incroyables.
L'Erta Ale . . . et son lac de lave :
Sur quoi vivons-nous ? Le magma et la lave me fascinent. Là, à 20 mètres en dessous de nous, le lac vit, bouge, éructe irrégulièrement, est agité par des bulles qui explosent, par des zébrures rougeoyantes entourant des lambeaux de peau de lave déjà grise ou noire mais toujours à 1 300 °C, des vagues de lave, qui comme à Étretat, attaquent le pourtour du trou en menaçant de faire effondrer un jour l'endroit où l'on est, à moins de 2 mètres du trou d'où remontent des bouffées de gaz chauds (masques à gaz indispensables par moments) et une température inhumaine qui nous attaque dès qu'on est à un mètre du bord du trou.
Hallucinant ! Fascinant ! Magnifique ! Prenant ! Angoissant ! On ne ressort pas indemne de cette vision et de cette expérience du magma qui est là, vivant. On se rend compte qu'on vit sur une toute petite peau de terre très mince flottant à la surface du magma terrestre. Epoustouflant !
Quant au reste de la caldeira et le pit-cratère nord (le magma n'est pas visible mais il n'est qu'à quelque mètres probablement (Haroun Tazieff avait vu les deux lacs de lave de l'Erta Ale) cela ne manque pas non plus d'intérêt et de beauté.
Depuis les deux pit-cratères ont été noyés par le lac de lave qui a rempli la caldera en 2017. l’état de l’Erta Ale est maintenant très différent de se que j’ai pu voir en 2011.
Le volcan vit et change tout le temps.
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RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
Comment visiter ce secteur d'ÉTHIOPIE ?
Le Tigré peut se visiter en individuel (même si cela ne doit pas être très facile ni très rapide).
En revanche la dépression du Danakil ne se visite que par l'intermédiaire d'agences locales. En effet, les autorisations de circuler sont accordées par les chefs Afars, lesquels ne négocient pas avec les touristes.
Plusieurs agences européennes (assez peu en réalité) s'aventurent pour proposer ce circuit (par l'intermédiaire des agences éthiopiennes). Les tarifs sont très disparates mais la logistique et la sécurité sont corrélés au prix payé.
Les conditions du circuit :
Compte tenu du climat, les circuits se font généralement de novembre à début avril. En dehors de cette période il fait bien trop chaud (45° à 50 °C). C'est en effet la chaleur à 40°C ou plus pendant une semaine d'affilée qui est éprouvant car dans le même temps, nourriture en quantité plutôt réduite, trajets en 4x4 plus que chahutés, marches à pied sur un sol inégal roulant ou coupant, et éventuellement pour certains sommeil allégé (température nocturne, bivouac, etc . . .), quant à faire sa toilette, c'est pot à eau ou lingettes.
Attention : un certificat médical attestant que vous êtes capables de supporter au moins trois jours à 45°C est parfois demandé. Il permet sans doute à l'agence de se couvrir, mais il vous permet surtout de ne pas risquer la crise cardiaque ou pulmonaire en partant dans un voyage sans précaution.
La sécurité :
En général on est accompagné par un ou plusieurs guides afars spécialisés (Dallol, Erta Ale) et par deux ou trois militaires armés (nous n'avions jamais vu autant de kalachnikovs que lors de ce voyage). Pourquoi ces militaires ? Les Erytréens sont à 30 km du Dallol et ont kidnapé des touristes en 2008. Ils les ont bien traités mais c'est quand même embêtant d'être pris en otage même bien traité. La présence de quelques militaires armés est une dissuasion a priori suffisante car les Érytréens ne semblent pas suicidaires. Pour nous, ce que nous voyions était tellement beau et intéressant que nous n'avons jamais pensé à de quelconques ennuis malgré les militaires qui nous accompagnaient partout (et nous précédaient souvent).
Mais l'assassinat de cinq touristes à l'ERTA ALE le 17 janvier 2012 a tragiquement démontré que la zone est effectivement très dangereuse.
Le lac Asale/Karoum :
Il arrive que la zone d'extraction du sel soit inondée de 5 à 10 cm d'eau (c'était le cas lorsque nous y étions). Il est utile dans ce cas d'avoir des tongs pour circuler autour des dromadaires et des travailleurs du sel . . . sinon les chaussures dans l'eau très salée ressortent fort mal en point.
Le Dallol :
Pas de problème particulier (hormis la chaleur) sinon de faire attention à ne pas tremper main ou pied dans les eaux colorées . . . car ce n'est pas de l'eau mais de l'acide quasi pur (PH 0,5 !).
L'Erta Ale :
La montée se fait en trois heures ou trois heures et demi (selon l'âge des participants). Cela ne monte pas beaucoup (600 mètres de dénivelé) mais il faut regarder à chaque pas où l'on met les pieds car le sol est très irrégulier. Les lampes frontales à LED sont indispensables puisqu'il vaut mieux monter de nuit. Ceux qui montent de jour sont vite exténués par la chaleur si le soleil n'est pas caché par des nuages. Ah ! J'oubliais : le trajet fait 13 km depuis le "village" qui sert de camp de base.
Certains touristes ont eu la malchance le 25 décembre 2010 de ne pas pouvoir voir le lac de lave. Un cône s'était formé suite à l'éruption de fin novembre 2010.
Depuis, le cône est presque complètement effondré et le lac à nouveau visible.
Mais comme dit plus haut, le volcan change tout le temps. Ce que l’on voit un jour n’est plus forcément la même chose quelques mois plus tard.
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